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Portrait de Fanny Gauthier

Femme, mixologue, entrepreneure, mère de famille : portrait de Fanny Gauthier.

Fanny Gauthier n’est plus à présenter dans l’industrie. Depuis 15 ans, elle investit son temps et son énergie dans le milieu du cocktail au Québec. Outre son entreprise, Ateliers et Saveurs, elle est également présente dans divers médias, nous avons pu la voir à la télévision, l’entendre à la radio ou la lire sur son blogue ou divers supports.

Nous avons pris un moment avec Fanny.

Fanny, tout d’abord merci pour ton temps afin de répondre à nos questions, je sais que ton temps est précieux.

IC : Comment as-tu commencé ta carrière derrière le bar ?

FG : Par accident 🙂 Dans les années 90, je faisais mes études à paris et je payais mon loyer en étant serveuse dans un resto-bar du quartier Bastille appelé La Mousson. En France, à cette époque, le poste de serveuse était assez ingrat. On se faisait engueuler par les clientes et par le chef de cuisine en permanence. Moi, je voulais être derrière le bar, ne pas avoir à dealer entre les cuisines et les clients insatisfaits. Un jour, j’ai eu ma chance, le barman de service s’est blessé et m’a demandé de le remplacer. Ça a commencé comme cela.

J’ai eu la piqûre immédiate! Par la suite, j’ai été acheter des livres sur les spiritueux et les cocktails pour en apprendre le plus possible de façon autodidacte, je voulais une base solide, et tout connaître !

Puis j’ai eu mon premier job de bar au bar Fly à Paris, ce qui m’a ensuite ouvert les portes du Buddha bar en 1997. En arrivant là-bas, je me suis promis qu’un jour je deviendrais le chef barman de l’établissement. C’est arrivé 2 ans plus tard en 1999, Je devenais l’une des plus jeunes chef barman de bar à cocktail, et en tant que femme, c’était un accomplissement à l’époque.

IC : Quels ont été tes modèles ? Tes mentors ?

FG : J’ai eu et j’ai encore de l’admiration pour de nombreuses personnes de l’industrie à travers le monde. Mais deux personnes ont marqué mes débuts et m’ont donné ma chance, Xavier Reynaud, chef barman du buddha bar qui a cru en moi et Olivier Meurice, qui était à l’époque à l’Association des barmen de France, qui m’a pris sous son aile et m’a transmis son savoir avec beaucoup de générosité. Grâce à lui, j’ai participé au Concours du Meilleur jeune barman de France (Coupe Scott) en 1998, où je suis arrivée 10e, ce qui était une grande fierté pour moi pour une femme, sans diplôme d’école hôtelière ! Ça m’a vraiment permis d’être reconnue sur la scène cocktail et de me faire respecter par mes pairs

IC : Quels sont tes plus grandes fiertés professionnelles ?

FG : J’ai eu deux grandes fiertés qui datent de mon temps à Paris. Deux jeunes en qui j’ai cru et à qui j’ai transmis mes connaissances et que j’ai pris son mon aile. Patricia, qui est ensuite devenue la meilleure barmaid que j’ai eu au Buddha Bar et Manolo, qui était tout jeune à l’époque, et qui désormais est chef barman au Shangri-La à Paris.

Je pense que j’aime profondément partager mon savoir-faire, transmettre mon expérience et accompagner les prochaines générations !

Ma plus récente fierté, c’est ma nomination comme finaliste aux Lauriers de la gastronomie québécoise dans la catégorie mixologue ou bartender de l’année J

IC : Ça t’a fait quoi d’être nominée aux Lauriers ?

FG : Honnêtement, très heureuse du fait de me sentir reconnue par mes pairs. Je suis arrivée il y a 15 ans à Montréal avec deux valises, un mari et une vie à reconstruire. Nous avons travaillé fort, mais c’est une belle reconnaissance.

IC : Tu es copropriétaire d’Ateliers & Saveurs, quand et comment es-tu passée du bar à l’entrepreneuriat?

FG : Tout d’abord, après plusieurs années à travailler la nuit dans les bars, j’ai voulu retrouver un rythme de vie plus « normal », je ne m’imaginais pas arriver à 40 ans en rentrant à la maison à 4h du matin. Je voulais une famille et voir grandir ma famille. Ensuite, je voulais trouver un moyen de transmettre ma passion et mon savoir aux gens. Le contact humain et le partage de connaissances était vraiment mon rêve.

Puis la vie a fait le reste. Mon mari est chef, mon associé est sommelier, je suis barman…. Ateliers & Saveurs est né il y a 11 ans.

IC : Quels seraient tes conseils pour les plus jeunes souhaitant débuter une entreprise ?

FG : Tout d’abord, je dirais de ne rien prendre pour acquis et d’avoir le cash flow nécessaire ! Ça a l’air évident, mais j’ai tellement vu de projets échouer à cause de manque de financement.

Ensuite, si tu crois en ton projet et que tu es le seul à y croire, ne te décourage pas et travaille pour réaliser ton rêve. C’est dur (très) et c’est stressant (très) mais ça vaut la peine.

Et enfin, va chercher de l’expertise ! Entoure-toi car l’entrepreneuriat c’est difficile.

Il y a tellement d’aspect à gérer lors d’un lancement d’entreprise : le légal, l’administratif, les RH, les finances, la comptabilité, le réseautage, et l’exploitation !

IC : Femme, mixologue, mère de trois filles, entrepreneure, auteure, etc. Comment fais-tu pour tout gérer ?

FG : C’est toute une organisation ! Le matin je me lève à 5h, à 5h45 je vais au gym jusqu’à 7h et je programme toute ma journée dans ma tête à ce moment-là. Puis ma journée commence, et le but chaque jour, c’est d’avoir terminé toutes les tâches établies le matin au gym.

J’ai des routines, je n’ai pas de trou dans mon horaire. Entre la famille avec mes trois filles et le travail et je suis contente d’aller me coucher le soir ! Mais j’ai la chance d’avoir un mari génial.

Tu dois par contre faire des concessions, je n’ai pas vraiment de souper en amoureux et avec mes déplacements, je manque parfois de temps en famille.
IC : As-tu de nouveaux projets en tête ?

FG : oui ! Nous avons une nouvelle succursale Ateliers & Saveurs qui ouvre à Laval fin juin/début juillet. Ça me prend pas mal de temps.

J’ai d’autres beaux projets à venir à l’automne et je me concentre aussi sur le livre de recettes de ma fille Inès. C’est très excitant pour nous !

IC : Si tu devais recommencer à zéro, referais-tu la même chose ?

FG : Complètement. Je suis cartésienne mais je pense sincèrement que rien n’arrive sans rien. Je ne changerais rien. J’ai une chance énorme, mon mari, ma famille, l’entreprise, je suis sincèrement choyée et épanouie.

Merci Fanny !

Les lauréats 2019 des Lauriers de la gastronomie québécoise seront dévoilés lors du Gala des Lauriers le 29 avril prochain.

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